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« Les projets de l’agence Richter & Associés sont marqués par le mixage de deux cultures, française et allemande. Sœur et frère, ils ont été tous deux été élevés en Allemagne, dans un pays largement reconstruit, où la modernité architecturale est un paysage naturel et, où dans les interstices non bâtis, la nature possède d’autant plus de force qu’elle est a été laissée intacte, ou presque, par l’Histoire. Elle reste ainsi un milieu mystérieux, plein, autonome. Dans les bâtiments que réalise l’agence, la relation avec la nature ne s’exprime pas par de grandes façades vitrées mais par un volume qui a aussi son autonomie, ses opacités, laissant ainsi la nature s’exprimer au lieu de la domestiquer, voire de l’engloutir.

Dans l’espace urbain, les projets cherchent toujours à créer une épaisseur entre l’extérieur et l’intérieur du bâtiment, non pas une barrière, mais une transition qui invite tout en protégeant. Cette sorte de réflexe cherche à dépasser l’obligation de la transparence, conséquence de la guerre, transparence perçue comme forme d’hypocrisie consistant à démontrer que rien n’est caché, pour que tout puisse l’être ailleurs. Dans les bâtiments que produit l’agence, le traitement de l’ouverture sur l’extérieur est donc toujours un projet en lui-même.

C’est en France, grâce aux outils acquis durant leurs études que Pascale Richter et Jan Richter bientôt rejoints par Anne-Laure Better ont perçu la dimension poétique que pouvait avoir l’espace et qui se révèle par les variations de lumière naturelle, les transparences visuelles d’une salle à l’autre, un cadrage sur la ville… C’est en réalisant des bâtiments de santé, comme des Ehpad et des établissements psychiatriques pour enfants, qu’ils ont le plus appris sur la qualité d’usage, le sens et les effets de l’espace, pour des usagers qui sentent tout, et encore plus fort.
C’est en réalisant des bâtiments dans des secteurs non pensés – comme par exemple les zones d’activités où l’urbanisme et l’architecture ne s’invitent pas mais qui comme le mot l’indique sont pleines d’activités – qu’ils ont appris à faire exister un bâtiment sans qu’il tourne le dos à son environnement, en lui apportant déjà un peu de lumière. »
MG